Trying to Improve

Solarità

15 septembre 2009

And if he doesnt answer?

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J'avais 14 ans et tellement d'illusions quand je l'ai vu la première fois.
L'impression d'avoir la vie devant moi. Des certitudes : je savais ce que je voulais.
J'aurai eu 18 ans, mon bac en poche. Après quelques années études, je serai rapidement devenue journaliste.

Et j'aurai voyagé à travers le monde.

Je serai surtout allée là bas, dans la maison du monsieur au dos musclé, pour réaliser l'interview dont je revais depuis mes 14 ans.
Celle que j'avais préparée pendant des heures dans la salle de bain, avec une brosse a cheveux à la place du micro. J'avais déjà toutes les questions prêtes, en anglais bien sûr, écrites à l'encre bleue turquoise sur un cahier format A4, à grands carreaux.

Mais évidement, rien ne s'est passé comme ça.
J'ai eu mon bac à 18 ans, oui. Mais les études de journalisme sont devenues études de tourisme, de langues et de patrimoine. Le poste de journaliste, s'est transformé en poste de réceptionniste. J'ai fait quelques voyages, mais pas au bout du monde, du moins pas jusque dans la maison aux chevaux.

Et pendant tout ce temps, j'ai oublié le rêve de mes 14 ans...Il s'est tranquillement caché dans un coin de ma mémoire.

Et un soir, l'insomnie étant devenue ma fidèle amie après avoir regardé - en vo pour la première fois - le film de mes 14 ans (celui que j'ai visionné 15 fois en 7 jours pendant la semaine de révisions du brevet et enregistré sur cassette audio pour l'écouter dans mon walkman sur la route des vacances), j'ai écrit son nom sur un moteur de recherche.
La belle technologie qui n'existait que si peu il y a 11 ans...
Et j'ai trouvé son nom. Avec un mot qui ne me plaisait pas du tout à côté. Le mot qui m'avait déjà séparée de la fille que j'ai le plus aimé.
Alors j'ai voulu lui écrire. Lui raconter, qu'outre le fait d'être l'icône des années 90, il a été pendant quelques temps le leitmotiv d'une petite adolescente française qui voulait être journaliste. Mais je me suis dit "à quoi bon?" Il ne sera plus là avant que ta lettre ait eu le temps d'arriver.
Et j'ai encore oublié.
Un peu, pas beaucoup, car je regardais de temps en temps si il allait mieux. J'étais catastrophée par ces photos volées.
J'ai un peu parlé avec ma copine Myriam, qui m'a dit "mais fais le! écris lui". Et je ne l'ai pas fait.

Hier je suis passée près du cimetière et je me suis dit "je n'y suis pas allée cette année pour son anniversaire".
Ce matin, quand je me suis réveillée, il faisait gris. Je l'ai vu a travers les volets.
J'avais un message de ma copine Marie. Un clin d'œil : elle se fait une fierté de ne pas avoir vu Le film.
Et j'ai compris.

Mon rêve est parti. Il s'est envolé, et ne reviendra pas.
Alors ma vie, ce sera quoi sans cette espérance adolescente qui me faisait avancer? Qui me faisait parler anglais, et rester des heures dans la salle de bain.
Des rêves, on s'en construit de nouveaux tous les jours. Mais les plus beaux, les plus purs, quand tu te rends compte que les as perdus, tu comprends que tes 14 ans sont encore là. Et que ce sont les larmes de cette époque qui les ravivent.

Posté par solarita à 21:59 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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